Chroniques
Snoop Dogg Bush2 /10
Que se passe-t-il dans la tête de Snoop Dogg ? Que se passe-t-il dans la tête de Pharrell ? Le premier semble jouir à vie de l’aura du mec cool, celui qui fut un jour l’auteur de chefs d’oeuvre mais se contente désormais d’être ce qu’il est. Le second est partout, tout le temps, ne semble pas vouloir s’arrêter, et enquille donc les tubes et les productions, la scène et les coups de pouce. La feignasse était donc vouée à travailler avec le stakhanoviste. Mais quand Pharrell ne se sort pas les doigts, il se passe quoi ? Il se passe ça: Bush.
Ces basses rondes, ce découpage des sons, ces rythmes sexy… On est bel et bien chez le leader des Neptunes, l’homme de main des Daft Punk, la voix de 2014. Problème: Snoop, lui, est en retrait. Sur ce treizième album, il est l’homme de l’ombre, on le cherche presque par endroits. Troublant de voir, d'entendre un artiste aussi peu concerné par son disque. Le casting ? Il est soigné… Un peu. Stevie Wonder sur l’introduction “California Roll”, Kendrick et Rick Ross en guise de conclusion sur “I’m Ya Dogg”. Mais aussi Gwen Stefani, et Charlie Winston. On est dans la ligue 2, mais passons, le souci n’est pas là. Le souci, c’est cette absence totale de la moindre chanson.
“So Many Pros” avait laissé espérer un été sous le signe du chien. Tout, absolument tout, était fait pour contrecarrer les plans de conquête de Mark Ronson et de son “Uptown Funk”. C’est raté, et rien ici ne devrait venir rectifier le tir. Pas une chanson pour se différencier d’une autre. Tout est club, tout est plage, tout est funky, mais tout est vain, rien n’est vraiment solide. “R U A Freak” laisse la place à “Awake” sans créer le moindre soupçon d’excitation. Bush a le mérite d’être court, mais l’inconvénient de renfermer dix fois le même titre. Pharrell fait du Pharrell donc, mais Snoop ne fait, lui, même plus semblant d’en avoir quoi que ce soit à foutre. Comme un Liam Gallagher, on le sait, le rappeur donne les meilleures interviews pour promouvoir les pires albums.
En résumé ? Vous connaissez “So Many Pros”, vous connaissez tout. Point.
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